Le calme avant la tempête : De Cascais à Madère ?

28 décembre

La veille, on a décidé qu’on tenterait le coup : pour aller à Madère, en 4 jours de navigation, avec 3 jours bien (dont 1 en pétole, donc 2 en fait), et le dernier qui peut finir en grosse dépression si on est pas assez rapides pour arriver. C’est un pari risqué, on a beaucoup hésité à Lisbonne en vérifiant les données météo toutes les heures. La dépression sur Madère est formelle, elle viendra, pour le passage vers la nouvelle année. Sacrée manière de rentrer dans 2026. 

Et donc en ce matin du 28 décembre, un dimanche, on part sous le ciel bleu, et Lisbonne s’éloigne de nous. Ça y est, on quitte le continent européen, comme les grands gréements d’exploration (et de colonisation!) avant nous. La première journée se passe sans encombre, une petite houle, du vent, on arrive pas à tenir le cap 225 degrés à cause de la houle donc on oscille autour. Vient la première nuit de veillée, la première où on utilise le pilote automatique quand le vent tombe dans la nuit.

29 décembre – Pétole

C’est le jour de la pétole ultime. Zéro vent, pas une brise sur l’eau. Une mer d’huile, de reflet miroir des nuages qui passent et du soleil éclatant. Gare aux insolations, et toutes les joues de l’équipage ont pris des couleurs. C’est le jour où on mange des plats qui demandent du temps et un calme  de la mer : des courges et betteraves dorées longuement au four avec une sauce au citron et aux épices, et des strombolis le soir, croustillants et gourmands, avec leur dose de beurre ailé.

Dans l’eau miroir, on voit passer des tortues, une à une, jamais en groupe, qui se hissent à la surface et semblent faire la planche pour savourer le soleil. 

30 décembre

Il pleut un peu la nuit et en ce début de journée, mais rien de bien grave. Le vent est revenu, et la nuit a aussi laissé un calamar sur le pont, qui a sauté sur le bateau pour se protéger d’un prédateur peut être. Son œil est d’un bleu lapis-lazuli incroyable. Son corps est très caoutchouteux et il est gris clair parsemé de petits points plus sombres. Alex décide de l’utiliser comme appât pour pêcher car il est déjà mort. Mais la pêche sera infructueuse, ce qui n’empêche pas des oiseaux de tourner autour de nous le temps de la pêche. Le vent fort du matin devient plus doux l’après midi, et à force de chanter à tue tête le midi, le soleil pointe son nez dans l’après-midi. Comme on fait des quarts d’une heure en solo, tout le monde dort plus et on est plus reposé.e.s. Tant mieux car il va nous falloir de l’énergie pour la fin.