De Camaret-sur-mer à Viveiro en Espagne, on dégolfe !
Jour 5 – vendredi soir on dégolfe !
Après une petite nuit, et un petit quart, on somnole à tour de rôle sur le pont. La journée est soleil, lascive et belle : le vent quant à lui on l’attend. On dégolfe avec peu de vent, mais certains moments, le vent vient quand même nous visiter. La nuit arrive vite en ce soir d’automne hivernal, et un des derniers aussi court. La lune ressemble à une tranche de citron comme hier et j’ai vu 25 étoiles filantes, puis j’ai arrêté de compter. Cap au sud.
Jour 6 – en plein milieu du golfe de Gascogne
La deuxième et vraie première nuit de quart est passée, et l’heure dure se situe vers 3-4h du matin. Un soleil éblouissant qui rosit nos joues nous accompagne toute la journée, mais le vent n’est toujours pas là, alors on avance au moteur, aidé par la voile. Anna va mieux, elle avait le mal de mer depuis le départ : ça y est elle s’amarrine comme dit Morgane. Le bateau devient de plus en plus pour tout l’équipage une maison sur l’eau, que l’on peut arpenter sans crainte d’être malade. Le velouté est fini, et je me suis mise à cuisiner un chili sin carne. La nuit des étoiles filantes est ce soir : du 13 au 14 décembre.
Il y avait des étoiles filantes et Sirius brillait dans le ciel à côté d’Orion, mais surtout, il y avait des étoiles de mer, des lucioles dans l’écume du bateau : des microscopiques planctons qui s’activaient de lumière à chaque remou de l’eau. L’eau scintille de centaines de ces petites lumières, qu’on croirait être le reflet des étoiles sur une eau intranquille.
Jour 7 – Golfe de Gascogne
Cela fait bientôt une semaine qu’on est parti.e.s. On a bien avancé dans le golfe, depuis des heures et des heures nous sommes sur la plaine abyssale de Biscay, avec 4000 mètres de profondeur. On parle de cachalots et de calamars géants. C’est peut-être l’origine de l’histoire du kraken ce calamar géant que presque personne n’a jamais vu. Il faut croire que l’océan nous écoute, en tout cas ses créatures, car deux rencontres incroyables se sont ensuite passées : après avoir croisé un requin?, à l’aileron bien crochu, je vois une heure plus tard un pchhou d’eau et puis un évent : un cachalot ! Je crois rêver mais non je vois un deuxième jet d’eau propulsé par l’évent. On arrive pas à distinguer sa taille, mais sa tête est formelle : c’est bien un cachalot, tout seul, remonté pour respirer, juste à côté de nous. Je n’en reviens pas, bien sûr c’est chez lui ici, mais qu’il nous permette de le rencontrer, je suis très émue.
Jour 8 – arrivée tardive en Espagne !
Ça y est, après une dernière journée de navigation, on a dégolfé. Le vent nous a refusé un peu vers l’ouest et donc on a fait plein sud un peu est, dans les terres de Galice en Espagne un peu hors du parcours d’une transatlantique et un peu protégé.e.s aussi (il n’y a pas d’orques dans cette zone). Viveiro nous voilà !






