Arriver à Viveiro, puis à la Corogne, et enfin à Muxia : dans une des rias galiciennes.
Jour 9 – Une journée à Viveiro
La matinée était inexistante. Que du sommeil lourd dans nos cabines, ah que c’est bon de dormir à terre après plusieurs jours de quarts, de réveils toutes les deux heures, de repas mangés vite. On part en balade dans la ville et on voit une crèche immense dans le quartier historique, une crèche si grande qu’il y a aussi le marché, la maison traditionnelle, toutes les activités d’un village espagnol pendant la période de Noël. Tout est fait de vieux mannequins de magasins et de mousse expansive. Impressionnant et creepy à la fois. Il faut finir le munster au bateau, ça commence à être prenant au nez quand on met la tête dans le « frigo ». Alex a la douce idée de faire des gnocchis avec le reste de munster, et donc on roule des centaines de boules de patates à la fourchette. Un délice ce plat.
Jour 10 – direction la côte ouest espagnole
Aujourd’hui réveil de bonne heure et cap sur La Corogne, une grande ville de Galice, pour s’abriter d’une dépression à venir, une des dernières qui nous embêtera je pense, et aussi pour trouver un magasin de pièces de bateau et enfin faire fonctionner le pilote automatique. La côte qui s’éloigne est magnifique, orange rouge rouille des fougères, le vert sombre des pins, la roche noire grise des falaises montagnes. Ici la montagne tombe dans la mer. On va caboter au bord de ces côtes, et tenir son cap est ici tumultueux mais agréable à faire. Il est plus difficile de cuire les gnocchis au four pour un deuxième round, et je me retrouve couverte de sauce munster, chic ! Tout est chaos dans le bateau car beaucoup de choses sont tombées à la gîte, on rangera plus tard. Les patates douces coupées ressemblent à des morceaux d’ardoise, et la preuve est qu’ils sont craquants à la sortie du four. Dur de couper sur le pont.
On rencontre pendant des heures durant des dauphins qui s’aventurent sous notre bateau et font des ronds des sauts, encore et encore. Des petits, des grands, plein de dauphins communs, en bande. C’est merveilleux. On alterne entre grains et soleil, et on arrive enfin à la Corogne dans la soirée, exténué.e.s de la journée. Un empenadas et au lit.
Jour 11 & 12 – La Corogne
Il y a une tempête prévue ici à la Corogne, et donc on y reste un peu. C’est même difficile de faire des travaux pour le bateau, car il y a tellement de vent et de pluie. Même nos pare-battes ne tiennent plus le coup ; dégâts de tempête : une amarre sciée, deux pare-battes éclatés et un à l’eau (récupéré). Plus que 4 pare-battes opérationnels. On savoure ce moment pour se faire des bonnes choses à cuisiner, et aussi à goûter : la cuisine de Galice est délicieuse. On goûte à la soupe galicienne (un caldo), aux fruits de mer (couteaux, saint-jacques, etc), empanadas, churros con chocolate, tortillas et beaucoup d’autres merveilles.
Jour 13 – Départ pour la côte ouest : Muxia
On prend le départ de la Corogne au petit matin, même si on est toujours en retard d’une heure en général. Dimitri a estimé un temps variable pour y arriver, car à cause de la tempête précédente, il y a beaucoup de houle dès qu’on sort du port : environ 5 mètres de colonnes d’eau à enjamber avec le bateau. Donc on peut autant faire 3 noeuds de vitesse que 5 : autant dire qu’on arriverait soit à 3h du matin soit à 20h, ce qui fait une sacrée différence. Finalement, ce fut la meilleure option, la navigation fut très bonne et on a pu surfer sur les vagues avec Sirius. Il fait toujours froid donc on attend impatiemment la chaleur des Canaries, et la fin des jours courts. Bientôt, on passera enfin le dernier jour le plus court de l’année. On est le 19 décembre.
Jour 14 & 15 – Muxia
Muxia est un petit port galicien assez mignon, avec 4000 habitant.e.s. Evidemment tout le monde nous regarde quand on rentre acheter des salsa verde en épicerie ou qu’on commande des pimientos verde au bar, avec encore la fameuse Estrella Galicia ou la Mahou, les bières locales. Avec Morgane on va crapahuter et se balader du côté de l’église de Santa Maria de la Barca, avec ses trois pierres magiques. A cause de la pluie et du vent on parvient à aller voir juste l’une d’entre elles, la pierre d’Acabar, sensée osciller magiquement : symbole de bonne augure pour les marins qui partaient le lendemain. Elle peut aussi ne pas osciller, et elle ne l’a pas fait pour nous, d’ailleurs étrangement nous ne sommes pas parti.e.s le lendemain. Hasard ? Je ne crois pas :).














