Auteur/autrice : Laura Conill

  • Golfe de Gascogne en trois jours

    Golfe de Gascogne en trois jours

    De Camaret-sur-mer à Viveiro en Espagne, on dégolfe !

    Jour 5 – vendredi soir on dégolfe !

    Après une petite nuit, et un petit quart, on somnole à tour de rôle sur le pont. La journée est soleil, lascive et belle : le vent quant à lui on l’attend. On dégolfe avec peu de vent, mais certains moments, le vent vient quand même nous visiter. La nuit arrive vite en ce soir d’automne hivernal, et un des derniers aussi court. La lune ressemble à une tranche de citron comme hier et j’ai vu 25 étoiles filantes, puis j’ai arrêté de compter. Cap au sud.

    Jour 6 – en plein milieu du golfe de Gascogne

    La deuxième et vraie première nuit de quart est passée, et l’heure dure se situe vers 3-4h du matin. Un soleil éblouissant qui rosit nos joues nous accompagne toute la journée, mais le vent n’est toujours pas là, alors on avance au moteur, aidé par la voile. Anna va mieux, elle avait le mal de mer depuis le départ : ça y est elle s’amarrine comme dit Morgane. Le bateau devient de plus en plus pour tout l’équipage une maison sur l’eau, que l’on peut arpenter sans crainte d’être malade. Le velouté est fini, et je me suis mise à cuisiner un chili sin carne. La nuit des étoiles filantes est ce soir : du 13 au 14 décembre.
    Il y avait des étoiles filantes et Sirius brillait dans le ciel à côté d’Orion, mais surtout, il y avait des étoiles de mer, des lucioles dans l’écume du bateau : des microscopiques planctons qui s’activaient de lumière à chaque remou de l’eau. L’eau scintille de centaines de ces petites lumières, qu’on croirait être le reflet des étoiles sur une eau intranquille.

    Jour 7 – Golfe de Gascogne

    Cela fait bientôt une semaine qu’on est parti.e.s. On a bien avancé dans le golfe, depuis des heures et des heures nous sommes sur la plaine abyssale de Biscay, avec 4000 mètres de profondeur. On parle de cachalots et de calamars géants. C’est peut-être l’origine de l’histoire du kraken ce calamar géant que presque personne n’a jamais vu. Il faut croire que l’océan nous écoute, en tout cas ses créatures, car deux rencontres incroyables se sont ensuite passées : après avoir croisé un requin?, à l’aileron bien crochu, je vois une heure plus tard un pchhou d’eau et puis un évent : un cachalot ! Je crois rêver mais non je vois un deuxième jet d’eau propulsé par l’évent. On arrive pas à distinguer sa taille, mais sa tête est formelle : c’est bien un cachalot, tout seul, remonté pour respirer, juste à côté de nous. Je n’en reviens pas, bien sûr c’est chez lui ici, mais qu’il nous permette de le rencontrer, je suis très émue.

    Jour 8 – arrivée tardive en Espagne !

    Ça y est, après une dernière journée de navigation, on a dégolfé. Le vent nous a refusé un peu vers l’ouest et donc on a fait plein sud un peu est, dans les terres de Galice en Espagne un peu hors du parcours d’une transatlantique et un peu protégé.e.s aussi (il n’y a pas d’orques dans cette zone). Viveiro nous voilà !

  • Le grand départ depuis l’écluse de Morlaix

    Le grand départ depuis l’écluse de Morlaix

    Du départ à l’écluse de Morlaix, en passant par l’Aber Wrac’h, Camaret-sur-mer, pour quitter la Bretagne et partir direction l’Espagne, par le golfe de Gascogne.

    Jour 1 – 8 décembre 2025, Port de Morlaix

    Jour de départ. Jour de fatigue surtout au début. Jour de 556ème chose à ne pas oublier : passer l’aspirateur, prendre ses sandales, arriver à temps à l’écluse. Poser enfin tous les sacs dans le bateau comme on jette un boulet. Enfin, la joie après le moteur qui s’allume, ne pas se rendre compte tout de suite qu’il y a plein de petites personnes là bas au fond. Les ami.e.s qui attendaient qu’on parte à 9h. Les ami.e.s qui chantent pour nous alors on fait une boucle pour elleux, pour mieux les entendre. L’enthousiasme monte, rire avec la gorge élargie. L’air qui fouette les joues, le vent vivant. Qui nous emmène plus loin, qui nous bouscule ensuite, avec son amie pluie. Finir la journée difficilement (un gros vent échelle 8 sur l’échelle de Beaufort est arrivé plus vite que prévu), en saccade comme cette pluie qui fait mal, qui ne veut pas qu’on la regarde. Barrer, barrer jusqu’à en avoir mal aux doigts de froid. Mais voir des dauphins. On pense aux jours chauds, on se demande si ça va arriver un jour. Quand. Déjà, on arrive pour aujourd’hui à l’Aber Wrac’h.

    Jour 2 – Aber Wrac’h

    Veille de mon anniversaire. Je repense à ce que Virginia Woolf a écrit à l’aube de ses 33 ans également, en janvier 1918 dans son journal de bord : “The future is dark, which is the best thing the future can be, I think ». Je me dis que ça doit être la phrase du départ, la phrase de l’incertitude, de la joie de pas savoir, du temps obscur et encore à venir. Je tisse un filet de nourritures pour le bateau, on passe du temps sur le lit de la cabine, on range 10 fois la même casserole et on mange du munster qui vient de notre « frigo » : Alex nous a fait la surprise d’en ramener dans le bateau. Tout devient source de nouveau rythme et un air de vacances s’installe. Pourtant hier, on ne savait pas ce qu’on allait devenir, quand on allait arriver.

    Jour 3 – 22h57 – Camaret sur mer

    On est reparti.e.s en mer, cap à l’ouest et sud. Il y a des temps lascifs devant la mer où on ne peut que la regarder, et des temps accélérés où il faut réagir très vite. Et il y a des temps suspendus, comme quand les dauphins se sont approchés de nous cet après-midi, sous le soleil. Des dauphins immenses qui ont fait des ronds sous le bateau, des fous de Bassan qui ont fait des têtes dans l’eau aussi. On passe la pointe Saint Mathieu, le lieu le plus à l’ouest de toute la France, sous une lumière magique de fin de journée. Tout le monde s’acclimate déjà plus à la vie en mer, même si on est seulement capables de manger les biscuits alsaciens d’Alexandre ou de manger un repas devant la mer, doucement. Le soir : arriver au début de la nuit, et se rendre compte que l’estomac est bien reposé, il veut des crêpes. Il les aura. C’est mon anniversaire et c’est la première fois que je le fête en mer. Aller me coucher sur cette phrase de la poétesse Audre Lorde : « Je suis revenue à mon corps, car où d’autre aurais-je pu aller ? »

    Jour 4 – Camaret sur mer – départ 3h

    Vendredi, jour des préparatifs pour un départ au début de la nuit. On range et dérange, range de nouveau, on lave on essuie on frotte et surtout on sèche. Morgane fait un velouté dubarry sans dubarry, et un petit salé au tofu. Nous sommes fin prêt.e.s avec plein d’oublis que nous ne verrons que plus tard. Dimitri fait un point sécurité, et on part, on largue des amarres.

  • Repeindre un bateau de 12 mètres

    Repeindre un bateau de 12 mètres

    Un petit aperçu des (quelques) mois, d’automne 2024 à ce début de printemps, que nous ont demandé l’entretien, la peinture de la coque du bateau et l’antifouling. Ce fut une des premières missions quand Sirius est arrivé à Morlaix, il est vite passé à terre pour pouvoir lui refaire toute la peinture, mais pas que !

    Par ailleurs, ce grand glouton a mangé beaucoup de pots de peinture, grâce à lui on a des muscles d’enfer et un diplôme de pose de scotch de peintre.

    Petite anecdote : on a gratté l’ancien antifouling (sur toute la partie basse du bateau sous la ligne de flottaison, qui est maintenant bleue verte) avec un grattoir de 2cm de large.

    On vous laisse imaginer le temps que ça a pris !

    Vive le rouge rustique et à tout vite pour la suite des aventures 💫

  • Un Sun Fizz sur la Vilaine !

    Un Sun Fizz sur la Vilaine !

    Le 28 juillet 2024, Dimitri visite un voilier, un Sun Fizz rouge de 1981, amarré dans le fleuve de la Vilaine en Bretagne. 

    Coup de cœur, c’est le bateau idéal pour notre projet de transatlantique 🌊

    Aujourd’hui, à quelques jours du départ en mer, on repense à ce moment et au convoyage du bateau jusqu’à Morlaix, qui va maintenant vivre de nouvelles aventures un peu plus loin 🗺️