L’incertitude jusqu’aux derniers jours : l’histoire du retour en Martinique avec notre « nouveau » mât, puis la course contre la montre (au rythme caraïbéen) pour remâter le bateau, et les préparatifs pour partir en transatlantique retour avant la saison cyclonique.
Retour en Martinique, avec un mât sur le côté tribord du bateau, là où nous avions aussi mis notre mât cassé auparavant. On penche un peu !
On retrouve la même place au port du Marin : cet endroit devient de plus en plus l’équivalent d’une maison, où on commence à connaître toustes les voisins et voisines.
Evidemment, on a beaucoup de visites de curieuxses avec le mât cassé toujours dressé sur Sirius et la brocante de pièces cassées et d’occasion qu’on a mis à terre sur le ponton devant le bateau.
A l’angle du ponton 8 et du ponton 9, notre emplacement au fond de la marina, on rencontre Eric du Queyras ancien moniteur de ski qui connaît tout le monde, Idriss le pro de la fibre qui a acheté le Sun Fizz à côté, Christopher à la voix-radio qui a toute sa famille au port, Aurélien qui avait fait la régate de la Tresco en même temps que nous (improbable, on l’a reconnu grâce à son tee-shirt Tresco MX), Inge le soleil, Jason l’argonaute, Juliette la danseuse de Colombie, Voja le dompteur d’eau, Morgane, Toff et Eglantine les mims, Patrick avec son beau bateau rouge, Budum le blagueur, Gaël qui parle vite, Fanche et Margot les toujours-là, et j’en passe…
Pour la suite des opérations, il nous faut être rapides si on veut avoir une chance de partir avant la saison cyclonique sur les Caraïbes (juillet-septembre). On récupère nos voiles qui sont maintenant réparées et renforcées, chez North Sails, et on relance Caraïbes gréement pour avoir un devis pour des haubans neufs (on a pas récupéré les anciens du mât échoué, car la moitié était dans l’eau !). Ceux-ci nous laissent préparer nous-même le nouveau-vieux mât et on a le champ libre au chantier.
Le travail est donc vaste : il faut changer les barres de flèche : enlever les nouvelles pour remettre celles de notre mât d’origine, au moyen de beaucoup beaucoup de rivets. Il faut aussi manchonner le bas du mât un peu corrodé, il faut nettoyer l’intérieur du nouveau mât (un beau nid de mousse et de polystyrène on adore), puis faire passer dedans toutes les drisses et tous les câbles. Réparer la girouette numérique et acheter une girouette analogique. Il faut aussi enlever des coquillages collés, poncer le mât… Et enfin, ré-installer les marches du mât (on aura au moins gagné ça au change), avec une protection car elles étaient en train de rouiller : inox sur alu coucou ! Aussi, il faut mesurer les anciens haubans pour que les nouveaux soient conformes.
Après plusieurs semaines de préparation, nous arrivons à avoir un rendez-vous pour remâter le mât avec une partie des nouveaux haubans, à l’aide de la grue du Marin.
On a clairement la larme à l’oeil, ça y est, Sirius a de nouveau un mat ! Et même si on est toujours pas tiré.e.s d’affaire à ce moment-là, une grosse partie du poids disparait de nos épaules.
A côté de tout ça, il y a du nouveau : notre ancien équipier de Guyane, Alex, est parti en solo faire la transat retour sur Korrigan (un Sangria), Jason sera notre prochain équipier pour la transat retour, et son amie Juliette, qui arrive de Colombie, va aussi faire la route avec nous : on sera donc 4 pour la prochaine aventure ! (parfait pour une coinche, on en reparlera au prochain ép)
Il faut le dire, on y a cru à moitié jusqu’au bout. Le plan initial était de faire la Transatlantique retour cette année. Puis on a perdu cet espoir, on l’a regagné, et puis on l’a reperdu quand, sur les derniers jours, Caraïbes gréement nous a fait faux bond pour installer nos derniers haubans et le nouvel enrouleur. Mais on a insisté, on est arrivé.e.s à quatre dans leurs bureaux. On a dit : on doit partir, vous ne pouvez pas repousser notre rendez-vous d’une semaine. Une semaine, c’est une semaine de plus vers des prévisions défavorables pour traverser.
Heureusement, on a eu gain de cause.
On a fini les derniers jours de préparation dans la fête, dans le cambouis, à monter au mât, à faire des pâtes fraîches, danser sur ABBA, faire les courses en dinghy avec l’équivalent de trois caddies dessus, casser le dinghy, boire nos derniers cafés à 5 euros (cet abus!), dire au revoir aux ami.e.s…
Finalement, le 10 juin, un mercredi (après avoir dit qu’on partait il y a déjà trois jours, évidemment !) nous prenons le départ pour l’océan Atlantique direction les Açores : arrivée estimée à dans 21 jours. JC (le papa de Dimitri) fera notre routage tous les jours via le téléphone satellite. Starlink, jamais !



































