Bonjour Martinique, on cherche un mât !

Le plaisir d’être de nouveau en mer, d’arriver sous voile carrée en Martinique et de partir en quête de la prochaine mission : trouver un mât d’occasion, adapté au Sun Fizz. Et puis, réparer le bateau au Marin.

On en revient toujours pas d’avoir pu faire 800 mille nautiques avec notre gréement de fortune, type bateau gaulois des temps modernes. C’était juste incroyable d’être de nouveau en mer, après presque un mois à terre en Guyane, à galérer en mouillage mais aussi à explorer les forêts, à vivre entre les pêcheurs brésiliens et les marins ici un peu par hasard, aux personnalités burlesques.
Les dauphins étaient de nouveau parmi nous, puis on avait ce rythme doux jour et nuit à regarder si la voile tenait, à la réparer, à chercher toute ombre possible pour faire la sieste, à jouer à des jeux en fin de journée, à danser, pêcher (de la sargasse forever) et à se raconter des histoires (notamment l’histoire d’Alex, petit être de 3mm, né dans un pistil de tournesol, qui veut voyager de part et d’autre du monde et devenir plus grand en taille).


On avait tellement pris la confiance sur l’eau, avec une moyenne de 3, 4, 5 noeuds de vitesse, qu’on a même essayé d’aller aider (bon, surtout d’aller voir) une plateforme au loin qui dégageait beaucoup de fumée au loin. Au final, on se demande toujours aujourd’hui si c’était complètement normal ou s’il y avait un accident, même si ce n’est pas notre bateau tout cassé qui aurait pu accueillir tous les gens de la plateforme. On a vu qu’il y avait d’autres cargos autour, et on est reparti.e.s.
Quand on voit enfin les contours de la Martinique, après 10 jours de navigation (9 même car 1 jour a surtout permis de déposer Keya à l’embouchure de Saint Laurent de Maroni) ça y est, on sait que c’est bon, la voile aura tenue !

On prend un mouillage à la plage des Salines, au début de la nuit. On fait un plouf de victoire dans l’eau qu’on sait bien bleue maintenant, loin de la couleur café de la Guyane. Après un petit shooting photo via le kayak de notre super installation voilée, on repart prendre une place au port du Marin. Des tortues pointent le bout de leur coque plusieurs fois, j’aimerai aller nager avec eux direct !
Quand on met le pied à terre, Alex, Dimitri et moi, les premières pensées sont pour le fromage. Evidemment :).


On commence aussi rapidement la quête du mât idéal, c’est-à-dire un mât de Sun Fizz, ou un mât de taille équivalente ou plus grand (15m10 le mât de Sun Fizz) et aussi d’autres éléments, haubans, balcon avant à retaper, autres pièces de métal à retrouver ou à réparer également (un pied de chandelier, la carène de l’étai, etc). Je fais une annonce en ligne et un beau dessin de notre quête, qui prendra la flotte 24h plus tard pour mon grand bonheur.
Mais les efforts paient, car un peu plus tard, il y a un flot de bons plans qui viennent de toutes parts ! Déjà, les marins autour de nous, avec le drôle d’air de Sirius avec son 0,3 mât installé, viennent nous voir tous les jours et posent la même question : Mais qu’est ce qui vous est arrivé ? Drôle de mât !
De fil en aiguille, avec les rencontres et les réponses à l’annonce de notre quête, on a plusieurs pistes qui se profilent :
1) un mât de Sun Odyssey comme neuf mais qui a un poque, qui avait été rejeté par son client pour cette raison et qui est dispo
2) un mât carbone super stylé (mais ce serait comme mettre un moteur de Porsche dans une 4L)
3) un mât sur un bateau échoué en Dominique, l’île voisine, qui serait également un Sun Fizz, donc exactement le même mât que nous

Rapidement, le plan 1 ne convient pas le mât n’est pas adapté, le plan 2 est trop cher et assez incohérent il faut le dire, et le plan 3 devient notre super nouveau plan d’attaque. Et donc c’est parti pour préparer le bateau à aller en Dominique, au moteur (mais on garde notre gréement de fortune sous le coude), avec un nouveau schéma de Dimitri de comment faire tomber un mât sur un bateau échoué mi sur la plage mi dans l’eau.
De son côté, Alex, notre équipier (pas le mini être de 3mm de l’histoire) qui est venu pour trouver un bateau en Martinique et faire la transat retour en solitaire, vient de partir voir son crush de bateau : un. Sangria bleu ciel, et décide de l’acheter.


Après avoir (essayé) de réparer notre annexe, puis d’avoir déposé notre surplus : cad le mât cassé de 10m restant, les haubans, la bôme, on part léger, les jerricanes pleins, direction la Dominique, avec en contact l’association locale qui nous confirme qu’on peut venir voir le bateau échoué et voir ensemble comment on peut récupérer ce mât. Let’s go !